ECONOMIE PORTUAIRE ET POLITIQUE A L’APPROCHE DES ELECTIONS REGIONALES

A Dieppe, le Maire Communiste risque de faire voler le Front de Gauche local, pour vouloir faciliter l’implantation d’une société de traitement d’engrais, la société URALCHEM. A Sète George FRÊCHE (PS) se bat pour  l’implantation de la société AGREXCO, importatrice de produits Israéliens, cultivés sur des colonies illégales. Ces projets d’implantation sont créateurs d’emploi portuaire et sont donc soutenus d’un côté par les syndicats des travailleurs portuaires, mais de l’autre rencontrent l’opposition des écologistes pour l’un et des démocrates « éthiques » pour l’autre.

Cet article sans prétention se limitera à présenter la Société URALCHEM, et la société AGREXCO , et les polémiques autour de leurs implantations.


URALCHEM :

Est une société Russe, qui produits des engrais minéraux Nitrés et Phosphatés à partir d’os et de sang. Son projet d’implantation à Dieppe consisterait à Importer des matières solides nitrées et de les conditionner sous forme liquide pour les exporter sur le NW Européen, principalement sur la Grande Bretagne.

Selon URALCHEM , l’implantation devrait simplement être soumise à déclaration (plus souple au  niveau des contrôles) et non à autorisation : le critère retenu étant apparemment le seul taux de nitrate.

Mais qu’en est il du process ? Ce dernier  consiste à détourner des quantités importantes d’eau des circuits habituels, pour liquéfier cet engrais. Or d’après le code de l’environnement : « Sont soumis à autorisation de l’autorité administrative les installations, ouvrages, travaux et activités susceptibles de présenter des dangers pour la santé et la sécurité publique, de nuire au libre écoulement des eaux, de réduire la ressource en eau, d’accroître notablement le risque d’inondation, de porter atteinte gravement à la qualité ou à la diversité du milieu aquatique » (code de l’environnement).

Lorsqu’on sait que l’implantation de cette société a été refusée en Grande Bretagne, il est évidemment sage de se poser les bonnes questions et de ne pas céder aux « paroles de campagne ».

URALKHEM Report Eng (Rapport en anglais de 2010 sur la société URALCHEM)

AGREXCO

L’office national des exportations de produits frais israélien, AGREXCO, créée en 1957, est aujourd’hui l’un des plus gros groupes d’exportation de produits agricoles dans le monde.
AGREXCO est une société gérée par le ministère de l’agriculture israélien et des entreprises agricoles à raison de 50% chacun.

L’AGREXCO est détenu à parts égales par les cultivateurs et l’État et opère à des conditions purement commerciales pour le compte des producteurs et des acheteurs.  Il s’occupe de la logistique nécessaire pour l’exportation:  planification, règles de qualité, distribution de crédits, ventes, promotion, gestion des terminaux aériens et portuaires en Israël et à l’étranger, transport aérien, organisation et gestion financière.

Agrexco Ltd est le plus gros exportateur israélien de produits frais.

Exportant sous le label CARMEL, Agrexco commercialise plus de 300.000 tonnes de produit frais par an dont 20% de fruits, 10% de citrons, 30% de légumes, 30% de fleurs, 4% de produits divers et plats cuisinés, et 6% de plantes et matériels divers

Outre les deux centres de ventes en Israël (Tel Aviv pour les fruits, les légumes et d’autres produits alimentaires, et l’aéroport de Ben Gourion pour les fleurs, les plantes, et les bulbes), AGREXCO est aussi présent sur le marché international avec des bureaux à Copenhague, Rotterdam, Zürich, Cologne, Frankfurt, Londres, Milan, Paris et New York.

En Europe, Marseille est le port par lequel passe 80% des exportations européennes d’AGREXCO.

L’exportation par Agrexco de marchandises provenant des colonies de Cisjordanie sont vendues illégalement en tant que « Produits d’Israel », tirant ainsi bénéfice des termes de l’échange préférentiel que l’Europe accorde aux importations israéliennes.

Au cours d’un procès en Grande-Bretagne, Carmel Agrexco a révélé qu’il possédait des usines d’emballage dans les colonies illégales israéliennes de Mekhora, de Mehola, d’Argaman, de Ro’I, d’Hamra, de Gaddid et de Bet Ha Arava situées dans la Vallée du Jourdain.

Ces colonies font fortune aux dépends de la population palestinienne locale.

Or le conseil régional du Languedoc-Roussillon, présidé par l’ancien socialiste et très pro-israélien George Frêche, doit investir dans les infrastructures permettant à Agrexco d’installer d’ici septembre 2010 un hangar frigorifique de 20 000 mètres carrés dans le port de Sète. Agrexco pourrait y traiter 200 000 tonnes de fruits et légumes d’importation. Dans un entretien accordé à Midi-Libre le 5 mai, George Frêche déclarait ainsi vouloir faire d’« Israël un nouvel allié commercial pour la région ». Agrexco, installée dans le port de Marseille depuis trente-cinq ans, à quitté la cité phocéenne début 2009 pour Savone Vado en Italie.

Ce projet s’inscrit plus largement dans le cadre du développement du port de Sète, deuxième port commercial français sur la Méditerranée en terme de tonnage, après Marseille. Pour George Frêche, il s’agit d’en faire « l’un des grands ports de la Méditerranée entre Gênes et Barcelone ». Au total, ce sont 200 millions d’euros que la Région accordera à cet investissement sur dix ans, en partenariat avec plusieurs sociétés privées qui y consacreront 110 millions d’euros. Le groupe italien GF Group doit diriger la réalisation du nouveau terminal fruitier, pour lequel la Région investira 25 millions d’euros.

Les polémiques :

Seul les produits Israéliens bénéficient d’une détaxe.

Les accords d’association de libre échange Union Européenne-Israël (fondé sur « le respect partagé des valeurs démocratiques et des droits de l’Homme »), prévoient que seuls les produits israéliens élaborés dans les frontières de l’état d’Israël d’avant 1967 puissent bénéficier exemptions de droits de douanes.

Or Agrexco exporte les produits des colonies sous le label « produit d’Israël », première entorse au droit international et aux accords UE-Israël. L’entreprise possède notamment des usines d’emballage dans les colonies de Mekhora, Mehola, Argaman, Ro’I, Hamra, Gaddid et Bet Ha Arava, dans la vallée du Jourdain. Des étiquettes israélienne y sont apposées sur les produits palestiniens, afin notamment de bénéficier de termes commerciaux préférentiels.

Les zones de culture sont implantées dans des colonies « illégales » :

Lors d’un procès en Grande-Bretagne en 2006, dans lequel était impliqué Agrexco, le directeur général d’Agrexco Royaume-Uni, Amos Orr, avait dû reconnaitre devant le tribunal que l’entreprise exportait entre 60 et 70% des productions cultivées dans les colonies illégales installées dans les territoires occupés. La partie adverse avait notamment plaidé le non-respect de la quatrième Convention de Genève.

Cette politique de colonisation agricole prend particulièrement corps dans la vallée du Jourdain (voir la photo ci-dessus), une des zones les plus fertiles du Proche-Orient, transformée en véritable « no man’s land » palestinien.

Plusieurs dizaines de colonies agricoles ont été installées dans cette région depuis 2005. Les colons y contrôlent 95% de la terre et 98% de l’eau (l’Autorité palestinienne contrôle 45 des 2 400 kilomètres carrés de territoire). Depuis l’ordre militaire pris en 2005, les Palestiniens de Cisjordanie n’ont plus le droit d’y accéder sans autorisation spéciale. Des barrières électrifiées ont par ailleurs été installées à l’abord des sources d’eau.

Agrexco est l’une des principales entreprises à exploiter les ressources agricoles de ces colonies, qui sont illégales au regard du droit international. Si les Palestiniens veulent vendre leurs propres cultures, ils doivent passer par de nombreux checkpoints, dont celui de Tayasir. Le transport peut ainsi prendre de nombreuses heures, rendant les produits frais pratiquement invendables. Le seul moyen de subsister est soit de vendre la production à des entreprises israéliennes comme Agrexco, soit de travailler directement pour elles. Les produits vendus par Agrexco sont alors présents en quelques heures sur les marchés européens.

La main-d’œuvre palestinienne est payée en moyenne 40 à 50 shekel (soit 7 à 9 euros) par journée de travail, sans contrat, et est logée dans des abris en plastique.

Conclusion sous formes de questions ?

Pour Dieppe et l’implantation de la Société URALCHEM, l’état Français a-t-il pris toutes les précautions et effectué les bonnes enquêtes  pour autoriser l’implantation de ce centre de conditionnement. ?

Pour SETE et l’implantation d’AGREXCO, comment est il possible qu’une société dans laquelle est actionnaire un état qui ne respecte pas les conventions internationales puissent bénéficier de l’aide d’une région dépendante de la France qui se présente comme un fleuron dans le domaine des « droits de l’homme ». ?

Quant aux travailleurs et aux syndicats qui défendent les intérêts de leurs adhérents, peut on leur reprocher d’avoir cette réflexion : « Si ces compagnies ont obtenu les autorisations de s’implanter : c’est qu’elles sont dans les clous ». ?

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4 commentaires pour ECONOMIE PORTUAIRE ET POLITIQUE A L’APPROCHE DES ELECTIONS REGIONALES

  1. ural_bol dit :

    En pratique les engrais liquides azotés sont fabriqués à partir de nitrate d’ammonium et d’urée.Or à la lecture de votre article vous nous informez que Uralchem produit des engrais « nitrés » à partir de sang et d’os.
    L’étude de votre article et les informations que vous avez recueillies,vous permettent-elles une traçabilité des matières premières misent en oeuvre pour la fabrication de ces engrais…je pense aux sang et en particulier au scandale des farines animales.

  2. reformeportuaire dit :

    L’engrais qui sera importé à Dieppe sous forme solide va se présenter sous forme de granulés de 1 à 4 mm de diamètre. Il s’agit de Carbamide Azoto Sulfate (CAS) annoncé comme un mélange d’ammonitrate, de sulfonitrate d’ammoniaque et d’urée.(Source URALCHEM France)

    Mais l’usine de russie utilise de l’Apatit (sang et os) pour faire tourner son usine.
    « According to the signed agreement, Apatit is ordered to supply 920,238 tonnes of apatite concentrate annually through 2011 » Source URALCHEM Russie.

    Votre question est don tout à fait pertinente.

  3. ural_bol dit :

    Ok, si la question est pertinente, par contre les informations que vous donnez, me paraissent farfelues et non documentées, pour les raisons qui suivent.
    -Voir la mise au point de monsieur Rémy Caron Préfet de la région Haute Normandie le 5 février 2010… »A ce jour aucun dossier n’est déposé »
    -Les apatites sont des roches phosphatées qui n’ont rien de commun avec du sang et n’entrent pas dans la composition d’engrais azotés.
    -Par contre l’emploi de farines animales dans la composition des engrais importés de Russie peut être une éventualité à retenir dans le cadre de matières azotées organiques .ce que doivent confirmer ou infirmer publiquement les responsables d’Uralchem.

  4. reformeportuaire dit :

    – Ceux ne sont pas mes informations qui sont farfelues, mais les informations données par URALCHEM FRANCE.(Je cite mes sources).Si URALCHEM donne des informations erronées , alors il y a lieu de se méfier.
    – L’apatite est le diminutif de l’hydroxyapatite , matière phosphatée cristalline que l’on retrouve dans la poudre d’os. C’est le principal « intrant » de l’usine russe.
    – Pour le reste j’avoue de ne pas avoir d’information. Espérons simplement que les services de la DRIRE feront leur boulot correctement.

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